Je suis navigateur (entrepreneur), lancé en régate pour un tour du monde (exercice) et élever notre performance (rentabilité). Tout était bien parti encore cette année, et toute l’équipe (employés ou partenaires) était optimiste, d’autant plus que les prévisions météorologiques (indicateurs macro-économiques) laissaient penser à l’arrivée de quelques vents en poupe (nouveaux clients, nouvelles commandes).
Sauf que l’imprévisible arriva, à moins d’1/5ème du trajet (mi-mars 2020) : un curieux et inédit phénomène surgit, en extension exponentielle (épidémie du Covid-19), pourtant identifié par ailleurs (Asie, Italie). Plus de vent (business), et pour combien de temps ? Les jours passent, nous en sommes au 17ème désormais à l’arrêt (en confinement). Toujours aucune lisibilité sur le retour à la normale (reprise, relance économique, …). Le bateau (entreprise) est à l’arrêt, « y’a pétole » (crise). Penser au moteur ? N’oublions pas la limite de l’essence (trésorerie) et le risque de disqualification (dépôt de bilan) !
Un nouveau rythme s’installe : j’ai le temps d’analyser la situation et les conséquences, j’ai beaucoup plus de temps que lorsque nous avancions à vive allure (flux tendu) encore récemment. Plusieurs constats : tous les compétiteurs (concurrents) sont aussi concernés et la question est aussi de savoir qui retrouvera les premiers vents ; je ne battrai pas mon record (chiffre d’affaires) de l’an passé ; de nouveaux liens par radio (réseaux sociaux,…) se tissent parmi les régatiers. On se raconte, on s’écoute, on partage des anecdotes de mer (histoire économique, 1873, 1929, 2008,…).
Libérés du rythme de course (agenda), nous avons mis finalement peu de temps à penser autrement et remettre les choses en perspective. Les navires (sociétés) peuvent finalement encore avancer : par les courants (flux monétaires et financiers) toujours actifs, et par l’astuce des « voileux » du vent apparent (optimisation des outils de communication). Finalement, nous avançons quand même. Et nous sommes aidés par nos commissaires de régate (Etat, région, intercommunalités). Certes, la course (année civile) sera bien différente de celle imaginée à la sortie du port (1er janvier 2020), mais nous aurons appris, ensemble par les ondes radio (télécommunications) et séparément dans notre cockpit (foyer). Ainsi, grâce à l’imprévu, face à l’adversité, avec la solidarité humaine, nous reviendrons en meilleurs marins (employeurs).
