Pourquoi SYNCRETYS ?
Oui, cette marque (enregistrée depuis 2018) a bien un lien direct avec le syncrétisme, employé le plus régulièrement pour évoquer la fusion de croyances et de rites de religions différentes. Mais il s’agit aussi de ne pas oublier l’étymologie du terme, dans la mesure où synkretismos signifiait en grec « union des Crétois », avec le préfixe « syn » à traduire par « ensemble ».
Pourquoi s’inspirer de la Crète ? Si les spécialistes de l’Histoire Antique sont de plus en plus nombreux à le révéler, il est encore trop peu enseigné aujourd’hui à quel point cette île a exercé une influence considérable sur les progrès du monde. Certains ouvrages universitaires mettent d’ailleurs en exergue les fortes rivalités entre les cités crétoises, avec pour autant cette redoutable capacité de s’unir en cas de menace extérieure et de savoir mettre de côté toutes formes de différends. Joséphine Quinn, désormais Professeure de l’Université de Cambridge, apporte une précision de grand intérêt sur le sens des convergences de ces insulaires et leur habileté à nourrir leur cadre de vie de cultures parfois très éloignées, notamment depuis l’accostage des célèbres navires de Byblos. Son analyse des années 1700 avant notre ère permet notamment de mesurer la dimension avant-gardiste de ce peuple, en évoquant « une relation nouvelle qui alimenta le changement en Crète et ouvrit un couloir entre l’Europe continentale et un réseau plus vaste de cultures et de commerce, à l’échelle du monde. »
Sur le plan philosophique, le syncrétisme va également bien au-delà de la simple notion de « mélange superficiel », tant de nombreux écrits témoignent de grands travaux d’unification cohérente de doctrines différentes pour résoudre des tensions ou enrichir la pensée. Le néoplatonisme, le stoïcisme romain (notamment chez Marc-Aurèle) ou encore l’idéalisme de Hegel illustrent d’ailleurs assez merveilleusement ce croisement des influences, parfois lointaines dans le temps et l’espace.
Enfin, certains anglicistes auront peut-être noté l’insertion de TYS, régulièrement employé pour « Thank You Sir » dans les courriers électroniques. En effet, Syncretys intègre un remerciement, adressé à un grand médecin et homme politique champenois, terre de haute notoriété pour ses assemblages viti-vinicoles, que les patients et citoyens locaux avaient pour habitude d’appeler « Professeur Etienne ». Si le personnage, reconnu comme brillant orateur, aimait se risquer aux néologismes, son attachement à la « syncrétie », ou ce qu’il entendait attribuer à toute forme d’intelligence cognitive, le conduisait à espérer que le terme parvienne à trouver un jour sa place légitime dans la langue française. Dans la mesure où les défis contemporains des transitions appellent résolument à cet exercice cérébral syncrétique, et qu’il ne peut plus être accepté au regards des enjeux humains cet odieux adage qui commence par « avoir raison avant les autres… », il pourrait bien lui être adressé, aussi pour cette contribution, et en langage de carabin, un vrai « Merci Monsieur ».
